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Être surdouée

Vivre sa différence quand on est HPI, témoignage de Géraldine Sohet

Haut potentiel intellectuel : comment bien vivre sa situation de personne surdouée ?
Haut Potentiel Intellectuel désigne ceux que l’on appelle (à tort du point de vue de beaucoup de thérapeutes aujourd’hui) les personnes surdouées.
Andrea Piacquadio / Pexels
Géraldine Sohet
Par Géraldine Sohet
Publié le 20 mai 2021

Le terme HPI renvoie souvent à de nombreux fantasmes : en tête celui du génie qui transforme en or tout ce qu’il touche. Mais la réalité est souvent éloignée du mythe. Et trouver sa place au sein de la société avec un cerveau qui va plus vite que tout le monde peut s’avérer beaucoup plus compliqué que prévu...


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Je me suis toujours sentie en décalage. Dès ma plus tendre enfance, je ne comprenais pas le mode de fonctionnement des autres, leur absence d’intérêt pour ce qu’il se passait autour d’eux et dans le monde. J’avais l’impression qu’ils oubliaient l’essentiel et qu’ils ne se nourrissaient que de futilités.

Moi, j’avais la sensation de saisir et de ressentir tout, tout de suite, avec un train d’avance. Mon cerveau a embarqué dans un TGV fou qui ne s’arrête jamais. J’ai 39 ans et toute ma vie a été un parcours du combattant. Je ne trouvais ma place nulle part : ni dans le système scolaire, ni dans le monde du travail, ni dans mes relations sociales. Jusqu’au jour du crash, et que je comprenne ma vraie nature : je suis H.P.I : Haut Potentiel Intellectuel.

C’est quoi être HPI exactement ?

Haut Potentiel Intellectuel, multipotentielle, zèbre, douance sont des synonymes pour désigner ceux que l’on appelle (à tort du point de vue de beaucoup de thérapeutes aujourd’hui) les surdoués. Oui, mon QI est supérieur à 130, seuil déterminé par les psychologues pour confirmer mon appartenance à cette petite communauté qui ne représenterait que 2 % de la population mondiale.

Mais ça doit être super !

Souvent, quand on parle de surdoué, on imagine le petit génie qui transforme en or tout ce qu’il touche. D’où l’étonnement de nous retrouver la plupart du temps sur des postes peu prestigieux. Nous vivons dans l’ombre, souhaitant rester invisibles, assumant notre « bizarrerie » comme nous le pouvons. La majorité d’entre nous a été un moment donné en grande difficulté durant son parcours scolaire, universitaire, professionnel (voire les 3). Car à force de vouloir nous adapter coûte que coûte à un système que nous avons du mal à appréhender, nous en oublions notre vraie nature. Et celle-ci finit toujours par nous rattraper un jour, avec plus ou moins de fracas et de douleur. Pourquoi tant de difficultés ? Nous présentons deux particularités qui nous rendent très peu adaptables au système : nous ne tolérons pas l’autorité et nous ne pensons pas de manière linéaire, notre pensée est arborescente.

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Une pensée qui part sans arrêt dans tous les sens

Imaginez un arbre. 98% des personnes qui vont avoir une idée vont partir du tronc et emprunter la branche la plus efficace pour aller directement à cette idée. Nous, nous allons partir du tronc pour analyser toutes les branches de l’arbre, car nous allons nous interroger sur ce qu’il se cache derrière chacune d’entre elles. Cela nous obsède de le savoir, même si cela s’avère totalement inefficace face à l’atteinte de notre objectif. Un exemple concret dans mon quotidien : demandez-moi la météo... Vous me retrouverez 20 minutes plus tard sur le site de la NASA pour étudier les conditions physiques de la formation des différents types de nuages dans le ciel. Je ne saurai toujours pas vous indiquer le temps qu’il fera demain, par contre j’aurai acquis une connaissance fine sur ce sujet météorologique. Et comprenez bien que notre cerveau ne s’arrête jamais. Jusqu’à parfois nous réveiller la nuit pour que nous puissions noter de nouvelles idées, questions.

Nous sommes débordants et hypersensibles

Et toutes ces connaissances bouillonnent en nous. Nous rêvons de les partager avec notre entourage. Tout le temps et sur tout. Cela passe souvent pour de l’impertinence, pour la volonté de se poser en être supérieur. Alors qu’au contraire nous sommes ultra-sensibles, souvent très empathiques, à toujours nous sentir responsables du bien-être des autres. Toutes les informations que nous emmagasinons nous brûlons de vous faire bénéficier d’un éclairage supplémentaire et parce que nous adorons tout simplement échanger pour refaire le monde. Notre blessure et notre déception sont immenses quand nous sommes incompris et que l’on nous renvoie à notre condition de « grosse tête » un peu pénible.

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Nous sommes des êtres solitaires

Nous sommes extrêmement exigeants. Envers les autres comme avec nous-mêmes. Nous apprécions souvent la solitude, autant que la bonne compagnie mais en très petit comité et sur de courtes durées. La vie en groupe nous épuise et nous rend mal à l’aise, car nous captons tout : les émotions, les termes employés, les faux-semblants, le bruit... Nous avons l’impression de ne pas trouver notre place. Savoir nous ressourcer est essentiel : dans la lecture, l’art, la nature, près des animaux, chacun à sa façon.

Et les avantages à être HPI ?

Ils existent, je vous rassure ! Car cela nous confère aussi de réelles capacités dès lors que l’on sait se créer les conditions que nous permettent de les exprimer en tout liberté. Il est essentiel pour cela de prendre le temps d’apprendre à se connaître, mais aussi d’accepter ses faiblesses et ses différences. Et d’adapter sa vie en conséquence.

Depuis maintenant 4 ans, j’ai décidé de me révéler et d’être désormais celle que je suis vraiment. Pour moi, mais aussi pour mes filles qui ont le même profil que leur maman, pour que je puisse les guider au mieux sur leur propre chemin. Car les hommes et les femmes vivent souvent de manière différente leur multipotentialité. Être une femme multipotentielle demande encore aujourd’hui de relever un réel défi : celui d’exister dans un monde qui attend d’une femme d’être parfaite physiquement et non d’être dotée d’un (gros) cerveau.

L’auteure :

Comment vivre sa différence quand on est HPI
(©Géraldine Sohet)

Anciennement cadre dans la fonction publique, Géraldine a tout plaqué en 2017 pour apprendre à s’écouter et se reconvertir dans une voie professionnelle qui la fait désormais vibrer. Aujourd’hui auteure et créatrice de podcasts, elle partage son quotidien et ses rencontres sur son blog Les Femmes Fantastiques, afin d’aider les femmes hypersensibles et/ou neuroatypiques à oser se révéler.

Son compte Instagram : @lesfemmesfantastiques

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